Registar, registre, ICANN, hébergeur,.. Tant d’acteurs qu’il n’est pas facile de savoir à qui on a affaire. Que font-ils ? Lequel doit-on contracter et pourquoi ? Comme souvent sur Mise à jour Web, cet article commence avec beaucoup de questions (souvent de lecteurs) mais doit se terminer avec beaucoup de réponses.

Je vais vous conduire de votre clavier aux plus hautes instances de la gestion des noms de domaine tout en essayant de répondre aux questions souvent posées et de corriger certaines idées reçues. Les acteurs portent parfois plusieurs casquettes et il devient difficile d’y voir clair pour un néophyte.

1. L’hébergeur

Pour qu’un site soit accessible, il doit être hébergé sur des serveurs connectés en permanence au réseau. Cela peut être chez vous sur un PC connecté par ligne ADSL mais ce n’est pas conseillé car peu pratique ou performant.

La plupart des sites sont hébergés par des fournisseurs particuliers : des hébergeurs. Que ce soit un hébergement mutualisé, un VPS ou un serveur dédié, l’acteur est le même. Il vous permet d’avoir un pied à terre connecté au réseau.

C’est à peu près tout. Il faudra lui indiquer votre nom de domaine pour que l’hébergeur l’inclue dans la liste de domaines géré par son serveur DNS. Ce serveur est une sorte d’annuaire de tous les noms de domaines de ses clients. Ainsi, il va pouvoir diriger vos visiteurs vers votre site.

Mais, pourquoi certains hébergeurs vous permettre d’acheter un nom de domaine ? Car ils ont une double casquette. Ils sont à la fois hébergeur et registaire ou registar. Nous ne parlions ici de la casquette de l’hébergeur uniquement.

2. Le registraire de nom de domaine ou registar

Pour avoir une place sur internet, il est utile d’avoir un nom de domaine. C’est plus parlant et plus facile à retenir qu’une suite de chiffre compréhensibles pour les humais. Pour cela nous n’allons pas nous rendre au registre de l’extension qui nous intéresse (l’afnic pour le .fr pour dns.be pour le .be).

Nous allons nous rendre chez un registaire. Pour éviter toute confusion je vais utiliser le mot utilisé par les québecois. L’administration française parle de bureau d’enregistrement mais le mot anglais registar est souvent utilisé aussi. Pour expliquer son rôle je vais prendre prendre un exemple que tout le monde connait: le concessionnaire automobile.

C’est un peu le même principe. Vous n’allez pas acheter votre voiture neuve directement auprès de son constructeur. Vous vous rendez chez un concessionnaire qui va vous vendre un véhicule et passer commende au constructeur.

Revenons à notre nom de domaine. Vous rentrez une demande à un registaire qui va l’introduire auprès du registre. Si cette demande est valable et que ce nom est libre, le nom de domaine vous sera accordé.

Ensuite, vous allez devoir indiquer au registaire ou se trouve le site. Votre hébergeur vous aura indiqué l’adresse de son serveur DNS. C’est cette adresse qu’il faudra renseigner à votre registaire. Celui-ci va ainsi communiquer au registre vos informations de contact (nom, prénom, adresse,…) ainsi que les informations techniques (adresse des serveurs DNS de votre hébergeur).

Une société est parfois à la foi registaire et hébergeur. Par précaution vous pouvez éviter cet état de fait et choisir un registaire indépendant de l’hébergeur. Ce n’est pas que je suis sectaire, mais en case de mésentente avec votre hébergeur, il suffit alors de remplacer l’adresse du serveur DNS chez votre registaire.

Essayez de faire de même si votre hébergeur est en même temps votre registaire. Dans la plupart des cas ce sera impossible voire compliqué. Les hébergeur agissant de la sorte ont parfois tendance à trainer la patte.

Même si votre hébergeur vous propose un nom de domaine gratuit, la liberté n’a pas de prix.

Le registre

Nous voici donc dans le super-annuaire de l’extension que vous avez choisie. Pour les .fr il s’agit de l’AFNIC et pour le .be de dns.be. Leur rôle est de s’assurer d’attribuer les noms de domaine via les registaires et selon leurs règles propres.

A part dans des circonstances très particulières (du genre votre agent s’avère être un escroc) vous n’aurez pas à le contacter.

Pour beaucoup de registres, la seule règle est de payer la cotisation annuelle. Par contre, d’autres limitent les détenteurs de domaine sur leur extension à un domaine d’activité ou à une délimitation géographique comme le .paris ou le .brussels.

Le .aero est par exemple réservé à toute entreprise qui travaille dans le milieu aérospatial. Cela peut être des compagnies aériennes, des constructeurs d’avions, des prestataires de services spécialisés dans l’aérien ou encore des journalistes aéronautiques.

D’un autre coté nous avons certaines extensions limitées à une région ou un pays. Beaucoup d’extension nationale ont été réservées à des résidents à leurs débuts et encore maintenant.

C’est le cas du .us qui sont attribués aux USA. Le .com n’est donc pas leur extension par défaut. Pour enregistrer un nom de domaine en .us il faut être résident américain.

En général les registres n’ont que cette casquette à au moins une exeption près: OVH. L’hébergeur de Roubaix ne fait rien comme les autres et a décider de faire une demande auprès de l’ICAN (voir ci-dessous) pour créer et gérer le .ovh.

L’ICANN ou le grand chef

Mais qui chapeaute ces registres ? Depuis 2014 nous avons vu arriver des centaines de nouvelles extensions. Elles ne sont pas liées spécifiquement à un pays ou à une région. Certains registres en administrent plusieurs dizaines. Est-ce devenu un marché en pleine expansion ?

Ce n’est pas tout à fait le cas. Les registres et leurs extensions sont supervisés par une administration internationale: l‘ICANN. Son rôle est de standardiser toute une série de paramètres permettant au réseau de fonctionner correctement. Les extensions de nom de domaine en font partie.

Toute ne sont pas attribuables. Certaines sont en effet déjà utilisées hors du réseau. Le .local est par exemple parfois utilisé pour des intranets. Créer le .local sur internet risquerait de créer des conflits pour les entreprises utilisant ce genre d’extension en interne.

L’ICANN en elle même est une association sans but lucratif qui dépend directement du  « Departement of Commerce » des USA. Ce n’est pas sans faire grincer des dents suite aux affaires dévoilées par Edward Snowden. Les USA l’on finalement compris. À partir de novembre 2015, une nouvelle agence qui ne sera plus sous la tutelle unique des USA prendra le relais.

Vous savez maintenant qui fait quoi et vous pouvez enregistrer votre nom de domaine en toute conscience !