Apparus sur Google Chrome puis sur plein d’autres navigateurs (sauf IE) la navigation privée semble être une option magique.

Au moment où Edward Snowden nous dévoile les facilitées de la NSA on a presque tous eu l’impression d’être regardé au microscope par les Américains. Puis on a appris que toutes les grandes ou moins grandes puissances de ce monde s’adonnaient à ce petit jeu.

Le bouton magique !

Même si l’on n’a rien à cacher, la tentation est forte de trouver une application ou option magique qui permet de surfer anonymement. Vous avez entendu que le fils de la voisine de votre secrétaire l’a trouvé. Pour surfer à l’abri de la NSA, de la CIA, de l’UMP ou de la NVA, il suffit d’activer le mode « navigation privée » ou d’utiliser le raccourci clavier magique dans Google Chrome :

ctrl+maj+N

Vous voici à l’abri de tout ce petit monde. Magique non ? Mais alors… Plus besoin d’Antivirus, d’anti-spyware, de pare-feu ?

Normalement, c’est à ce moment-là qu‘une petite voix vient casser cette belle illusion. Cela était bien trop beau.

Un bouclier en Chrome ?

Pour expliquer ce qu’est le mode « navigation privée » réfléchissez au rôle du navigateur. C’est un programme qui interprète les données reçues du réseau suivant les ordres que vous lui donnez (clics, adresses, recherches,…).

Afin de faciliter votre navigation il garde en mémoire les adresses des pages visitées, les cookies collectés lors de la visite des sites web. Pour rendre les futures visites plus rapides, il garde aussi une bonne partie des images dans ses fichiers temporaires.

La seule chose qu’il puisse sécuriser (seul) est donc ce qui se passe sur votre ordinateur. Un logiciel espion sur le chemin entre votre ordinateur et le serveur du site web visité peut capter tout capté. Cela est possible en mode « navigation privée » ou pas.

Quand cela en vaut la peine

Après avoir lu tout cela, on peut se dire que c’est un peu surfait. À quoi peut bien servir ce mode « navigation privée » ?

1. Vous utilisez un ordinateur qui n’est pas le votre

Pour une raison ou pour une autre vous utiliser un ordinateur qui n’est pas le vôtre. Vous allez supprimer  les cookies, l’historique et les fichiers temporaires ? D’une part cela prend du temps (si peut soit il). D’autre part le propriétaire du PC n’appréciera peut-être pas de perdre ses cookies et son historique.

2. Vous travailler sur un site avec identification

Autre cas de figure, vous éditer des sites web, blogs, forums. C’est celui que je rencontre (forcément) le plus souvent. Je suis toujours connecté au blog. Pour vérifier que l’affichage reflète bien les dernières modifications effectuées,  je passe par un onglet en « navigation privée ». Vu que le navigateur ne prend pas les cookies de ma session « classique », j’ai la même vue que tout visiteur sans pour autant m’être déconnecté.

 3. Vous souhaitez rester discret

Vous avez quelque chose à cacher à votre famille ou votre patron ? Par exemple, vous consulter le site du Parti Socialiste le vendredi soir ? Mieux vaut ne pas oublier de supprimer vos traces. La « navigation privée » permet de le faire sans trop se soucier du reste. Vous fermez l’onglet et, hop, l’ordinateur à tout oublié.

Cela n’en vaut moins la peine

Le hic, c’est que même dans le cas où la navigation privée est utile, elle peut avoir des failles.

1. Chrome sur iPhone et iPad

Google Chrome propose la navigation privée sur son navigateur pour iPhone et iPad. Le problème est que Google à dû utiliser ce que lui autorisait Apple. Pour faire court : sur iOS, Google Chrome se limite à ne pas retenir vos cookies. Soit, c’est déjà pas mal mais ce n’est déjà plus tout à fait la même chose.

2. Sur les sites de voyages

Ceci n’est pas toujours prouvé et pas pour tous les sites. Certains augmentent le prix si l’on recherche le même vol ou le même train une 2e ou 3e fois. Une des solutions serait d’utiliser le mode « navigation privée » pour paraître nouveau pour le site. La logique est que si les cookies ne sont pas gardés, le site ne nous reconnaît pas. Bonne astuce ?

Malheureusement, non. À part les cookies, certains sites peuvent aussi nous identifier via notre adresse IP. Cette adresse est liée à notre connexion internet. Du coup, votre navigateur ne peut rient y faire. La seule entourloupe possible est d’utiliser un PC connecté à une autre connexion internet ou d’éteindre sa box ou son modem puis de le (la) redémarrer quelques minutes plus tard. Votre fournisseur d’accès internet vous aura alors attribué une autre adresse IP.

Une dernière solution est d’utiliser un VPN ce qui permet de bénéficier automatiquement d’une autre adresse IP.

3. Sur les sites bloqués dans votre pays

Vous souhaitez regarder les derrière séries US sur Hulu ou vous êtes Belges et souhaiter regarder M6 Replay ou Pluzz ? La navigation privée de votre navigateur n’y changera rien. Certes il ne va pas communiquer votre emplacement au site. Mais les sites ont d’autres moyens de vous identifier dont votre adresse IP.

Vous utilisez les services d’un fournisseur d’accès internet. Lui ne cache pas que vous utilisez ses services pour vous connecter. Les sites connaissent dès lors sans peine votre localisation et ce jusqu’à la ville ou vous habiter.

Cela m’amène à vous demander quelle serait dès lors votre utilisation de la « navigation privée » ? Est-il toujours si intéressant ce bouton magique ?